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 78/La formation spirituelle : en communion avec Dieu et à la recherche du Christ/

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coeurtendre
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MessageSujet: 78/La formation spirituelle : en communion avec Dieu et à la recherche du Christ/   78/La formation spirituelle : en communion avec Dieu et à la recherche du Christ/ Icon_minitimeJeu 20 Juin - 23:11

Exclamation La formation spirituelle : en communion 
avec Dieu et à la recherche du Christ Exclamation 

Cette formation humaine, si elle est développée dans le contexte d'une anthropologie qui admet l'entière vérité sur l'homme, s'ouvre et se complète dans la formation spirituelle. Tout homme, créé par Dieu et racheté par le sang du Christ, est appelé à être régénéré « par l'eau et par l'Esprit » (Jn 3, 5) et à devenir « fils dans le Fils ». C'est dans ce dessein efficace de Dieu que se trouve le fondement de la dimension religieuse constitutive de l'être humain, laquelle d'ailleurs est découverte et reconnue par la simple raison : l'homme est ouvert au transcendant, à l'absolu; son cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose dans le Seigneur (133).

Le processus éducatif d'une vie spirituelle comprise comme relation et communion avec Dieu prend sa source et se développe dans cette fondamentale et indestructible exigence religieuse. Selon la Révélation et l'expérience chrétienne, la formation spirituelle possède une originalité unique qui provient de la nouveauté évangélique. En effet « elle est œuvre de l'Esprit et engage la personne dans sa totalité ; elle introduit dans la communion profonde avec Jésus Christ Bon Pasteur ; elle conduit à une soumission de toute la vie à l'Esprit, dans une attitude filiale à l'égard du Père et dans un attachement confiant à l'Église. Elle s'enracine dans l'expérience de la croix, pour pouvoir introduire, dans une communion profonde, à la totalité du mystère pascal » (134).

Comme on le voit, il s'agit d'une formation spirituelle qui est commune à tous les fidèles, mais qui demande à être structurée selon le sens et les connotations qui dérivent de l'identité du prêtre et de son ministère. Or, pour tout fidèle, la formation spirituelle doit être centrale et doit unifier son être et sa vie de chrétien, c'est-à-dire de créature nouvelle dans le Christ, qui progresse dans l'Esprit. De la même manière, pour tout prêtre, la formation spirituelle constitue le « cœur » qui unifie et vivifie son « être » et son « agir » de prêtre. En ce sens, les Pères du Synode affirment que « sans la formation spirituelle, la formation pastorale resterait sans fondement » (135), et que la formation spirituelle constitue « l'élément le plus important dans l'éducation sacerdotale » (136).

Le contenu essentiel de la formation spirituelle dans un cheminement déterminé vers le sacerdoce est bien exprimé dans le décret conciliaire Optatam totius : « La formation spirituelle [...] sera donnée de telle façon que les séminaristes soient préparés à vivre dans la communion continuelle et familière avec le Père, par son Fils Jésus Christ, dans l'Esprit Saint. Destinés à être conformés au Christ prêtre par la sainte ordination, ils s'habitueront à lui être attachés comme des amis dans l'intimité de toute leur vie. Qu'ils vivent son mystère pascal de façon à savoir initier à ce mystère le peuple qui leur sera confié. On leur apprendra à chercher le Christ dans une méditation fidèle de la Parole de Dieu, dans une communion active aux très saints mystères de l'Église, en premier lieu dans l'Eucharistie et l'office divin. Il le chercheront dans l'évêque qui les envoie et dans les hommes auxquels ils sont envoyés, surtout les pauvres, les petits, les malades, les pécheurs et les incroyants. Avec une confiance filiale, ils aimeront et honoreront la bienheureuse Vierge Marie, que le Christ Jésus mourant sur la croix donna comme mère à son disciple » (137).

Ce texte conciliaire mérite d'être médité avec attention. On peut y discerner facilement quelques valeurs et exigences fondamentales pour l'itinéraire spirituel proposé au candidat au sacerdoce.Ce qui s'impose avant tout, c'est la valeur et l'exigence d'une « vie intimement unie » à Jésus Christ. L'union au Seigneur Jésus, fondée sur le Baptême et alimentée par l'Eucharistie, se traduit par un renouvellement radical, dans la vie de chaque jour. La communion intime avec la Sainte Trinité, c'est-à-dire la vie nouvelle de la grâce qui rend fils de Dieu, constitue la « nouveauté » du croyant, une nouveauté qui s'étend à l'être et à l'action. Elle constitue le mystère de l'existence chrétienne placée sous le souffle de l'Esprit ; elle doit, en conséquence, constituer l'« ethos » de la vie du chrétien. Jésus nous a enseigné ce merveilleux contenu de la vie chrétienne, qui est le cœur même de la vie spirituelle, dans l'allégorie de la vigne et des sarments : "Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron... Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 1. 4-5).

Dans la culture actuelle, les valeurs spirituelles et religieuses ne manquent pas, et l'homme, en dépit des apparences, reste constamment affamé et assoiffé de Dieu. Mais souvent la religion chrétienne risque d'être considérée comme une religion parmi les autres, ou d'être réduite à une pure éthique sociale au service de l'homme. Ainsi, sa bouleversante nouveauté dans l'histoire ne ressort pas toujours: elle est « mystère », elle est l'événement du Fils de Dieu qui s'est fait homme et qui donne à ceux qui l'accueillent le « pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12) ; elle est l'annonce et même le don d'une alliance personnelle d'amour et de vie de Dieu avec l'homme. Les futurs prêtres ne pourront communiquer aux autres cette nouvelle étonnante et source de bonheur (1 Jn 1, 1-4) que s'ils ont acquis eux-mêmes une connaissance profonde et progressé dans l'expérience de ce « mystère », grâce à une formation spirituelle adaptée.

Le texte conciliaire, tout en soulignant la transcendance absolue du mystère chrétien, présente la communion intime des futurs prêtres avec Jésus en y ajoutant une nuance d'amitié. Il ne s'agit pas là d'une absurde prétention de l'homme. C'est simplement un don inestimable du Christ, qui a dit à ses Apôtres : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn 15, 15).

Le texte conciliaire poursuit en indiquant une autre grande valeur spirituelle : la recherche de Jésus. « On leur apprendra à chercher le Christ ». C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette « recherche ». C'est Jésus lui-même qui pose la question: « Que cherchez-vous ? » Et tous deux répondent : « Maître, où demeures-tu ? » L'évangéliste poursuit : « Il leur dit : "Venez et voyez". Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là » (Jn 1, 37-39). 

En un sens, la vie spirituelle de celui qui se prépare au sacerdoce est dominée par cette recherche: chercher et « trouver » le Maître, le suivre et demeurer avec lui. Dans le ministère et la vie du prêtre, il faudra continuer cette « recherche », car le mystère de l'imitation du Christ et de la participation à sa vie est inépuisable. De même, il faudra continuer à « trouver » le Maître en vue de le désigner aux autres, et mieux encore, en vue de susciter chez les autres le désir de chercher le Maître. Mais cela n'est vraiment possible que si l'on propose aux autres une « expérience » de vie, une expérience qui mérite d'être partagée. Ce fut la voie suivie par André pour conduire son frère Simon à Jésus. André, écrit l'évangéliste Jean, « rencontre au lever du jour son frère Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie" - ce qui veut dire Christ. Il l'amena à Jésus ». Et ainsi, Simon lui aussi sera appelé comme Apôtre à suivre le Messie : « Jésus le regarda et dit : "Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas" - ce qui veut dire Pierre » (Jn 1, 41-42).

Mais que signifie, dans la vie spirituelle, chercher le Christ ? Où le trouver ? « Rabbi, où demeures-tu ? » Le décret conciliaire Optatam totius semble indiquer un triple chemin à parcourir : la méditation fidèle de la Parole de Dieu, la participation active aux saints mystères de l'Église, le service de la charité à l'égard des « petits ». Ce sont là trois grandes valeurs et exigences qui définissent le contenu de la formation spirituelle du candidat au sacerdoce.

 La lecture méditée et priante de la Parole de Dieu (lectio divina), en écoutant avec humilité et amour celui qui parle, est un élément essentiel de la formation spirituelle. C'est en effet dans la lumière et la force de la Parole de Dieu que chacun peut découvrir, comprendre, aimer et suivre sa vocation, et accomplir sa mission ; de telle sorte que toute l'existence trouve sa signification plénière et radicale dans le fait d'être le terme de la Parole de Dieu qui appelle l'homme et le principe de la parole de l'homme qui répond à Dieu. La familiarité avec la Parole de Dieu facilitera l'itinéraire de la conversion, dans un double sens : non seulement renoncer au mal pour adhérer au bien, mais aussi faire grandir dans le cœur les pensées de Dieu. La foi, en tant que réponse à la Parole, devient alors le nouveau critère de jugement et d'évaluation des hommes et des choses, des événements et des problèmes.

Tout cela, à condition que la Parole de Dieu soit entendue et accueillie selon sa vraie nature, car elle fait rencontrer Dieu lui-même, Dieu qui parle à l'homme ; elle fait rencontrer le Christ, le Verbe de Dieu, la Vérité, qui est également le Chemin et la Vie (Jn 14, 6). Il s'agit de lire les « écritures », en écoutant les « paroles », la « Parole » de Dieu, comme le rappelle le Concile: « Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu'elles sont inspirées, elles sont vraiment Parole de Dieu » (138). Le Concile dit encore : « Dans cette révélation, le Dieu invisible (Col 1, 15 ; 1 Tm 1, 17) s'adresse aux hommes en son immense amour comme à des amis (Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15), il s'entretient avec eux (Ba 3, 38), pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie »(139).

La connaissance intime et pleine d'amour de la Parole de Dieu acquise dans la prière revêt une importance toute spéciale pour le ministère prophétique du prêtre ; elle est une condition indispensable pour qu'il l'exerce d'une manière adéquate, surtout dans le contexte de la « nouvelle évangélisation » à laquelle l'Église est appelée aujourd'hui. Comme le Concile y invite, « tous les clercs, en premier lieu les prêtres du Christ, et tous ceux qui vaquent normalement, comme diacres ou comme catéchistes, au ministère de la parole, doivent, par une lecture spirituelle assidue et par une étude approfondie, s'attacher aux Écritures, de peur que l'un d'eux ne devienne "un vain prédicateur de la Parole de Dieu au dehors, lui qui ne l'écouterait pas au-dedans de lui" 

La réponse fondamentale à la Parole est la prière, qui constitue sans aucun doute une valeur et une exigence primordiales de la formation spirituelle. Cette dernière doit amener les candidats au sacerdoce à connaître et à expérimenter le sens authentique de la prière chrétienne : être une rencontre vivante et personnelle avec le Père, par son Fils unique sous l'action de l'Esprit, un dialogue qui devient participation au dialogue filial de Jésus avec son Père. C'est d'ailleurs un aspect, et non des moindres, de la mission du prêtre, que d'être « éducateur de prière ». Mais le prêtre ne pourra former les autres à l'école de Jésus priant que s'il a lui-même été formé et s'il continue à se former à cette école. C'est cela que les hommes demandent au prêtre : « Le prêtre est l'homme de Dieu, celui qui appartient à Dieu et fait penser à Dieu. Quand la Lettre aux Hébreux parle du Christ, elle le présente comme un "grand prêtre miséricordieux et fidèle dans les choses qui regardent Dieu" (He 2, 17)... Les chrétiens espèrent trouver dans le prêtre non seulement un homme qui les accueille, qui les écoute volontiers et leur témoigne une certaine sympathie, mais aussi et surtout un homme qui les aide à regarder Dieu, à monter vers lui. Il faut donc que le prêtre soit formé à une profonde intimité avec Dieu. Ceux qui se préparent au sacerdoce doivent comprendre que toute la valeur de leur vie sacerdotale dépendra du don qu'ils sauront faire d'eux-mêmes au Christ et, par le Christ, au Père » (141).


Dans le contexte d'agitation et de bruit qui est celui de notre société, l'éducation au sens humain profond et à la valeur religieuse du silence, atmosphère spirituelle indispensable pour percevoir la présence de Dieu et se laisser conquérir par elle (1 R 19, 11-12), est une pédagogie nécessaire de la prière.

Le sommet de la prière chrétienne, c'est l'Eucharistie, qui se présente à son tour comme « sommet et source » des sacrements et de la liturgie des heures. L'éducation liturgique, au sens plénier d'une insertion vitale dans le mystère de Jésus Christ, mort et ressuscité, présent et opérant dans les sacrements de l'Église, est absolument nécessaire pour la formation spirituelle de tout chrétien et en particulier de tout prêtre. La communion avec Dieu, axe de la vie spirituelle entière, est un don et un fruit des sacrements. En même temps, elle est un devoir et une responsabilité que les sacrements confèrent à la liberté du croyant, pour que cette communion inspire les décisions, les choix, les attitudes et les actions de la vie quotidienne. 

En ce sens, la « grâce » qui rend « nouvelle » la vie chrétienne est la grâce de Jésus Christ, mort et ressuscité, qui continue à répandre dans les sacrements son Esprit, saint et sanctificateur. De même, la « loi nouvelle » qui doit guider et régler l'existence du chrétien est inscrite par les sacrements dans le « cœur nouveau ». C'est la loi de charité envers Dieu et envers les frères, comme réponse et prolongement de la charité de Dieu envers l'homme qui est signifiée et communiquée par les sacrements. On peut ainsi comprendre la valeur d'une participation « pleine, consciente et active » (142) aux célébrations sacramentelles, pour accueillir et mettre en pratique le don de la « charité pastorale » qui constitue l'âme du ministère sacerdotal.

Cela vaut surtout pour la participation à l'Eucharistie, mémorial du sacrifice et de la mort du Christ et de sa glorieuse résurrection, « sacrement de piété, signe d'unité, lien de charité » (143), banquet pascal « où le Christ est reçu en nourriture, l'âme est remplie de sa grâce, et la gloire à venir nous est déjà donnée » (144). Or les prêtres, en qualité de ministres des choses sacrées, sont surtout les ministres du Sacrifice de la Messe (145) : leur rôle est absolument indispensable, parce que, sans prêtre, il ne peut y avoir d'offrande eucharistique.

Cela montre l'importance essentielle de l'Eucharistie pour la vie et le ministère du prêtre, et donc dans la formation spirituelle des candidats au sacerdoce. Avec une grande simplicité et pour être très concret, je redis : « Il conviendra que les séminaristes participent chaque jour à la célébration eucharistique, de façon qu'ensuite ils prennent comme règle de leur vie sacerdotale cette célébration quotidienne. On leur apprendra en outre à considérer la célébration eucharistique comme le moment essentiel de leur journée. Ils y participeront activement, sans jamais se contenter d'y assister par pure habitude. 

Enfin, les candidats au sacerdoce seront formés aux dispositions intimes que l'Eucharistie fait naître : la reconnaissance pour les bienfaits reçus d'en haut, puisque que l'Eucharistie est une action de grâce ; l'attitude d'offrande, qui les pousse à unir l'offrande d'eux-mêmes à l'offrande eucharistique du Christ; la charité, nourrie par un sacrement qui est signe d'unité et de partage ; le désir de contemplation et d'adoration devant le Christ réellement présent sous les espèces eucharistiques » (146).

Il est plus que jamais urgent de faire redécouvrir, à l'intérieur de la formation spirituelle, la beauté et la joie du sacrement de pénitence. Notre culture, en effet, avec le renouveau des formes les plus subtiles d'autojustification, risque de faire perdre le « sens du péché » et, en conséquence, la joie consolante de la demande de pardon (Ps 51/50, 14) et de la rencontre avec Dieu « riche en miséricorde » (Ep 2, 4). Aussi est-il nécessaire d'éduquer les futurs prêtres à la vertu de pénitence que l'Église a la sagesse d'inspirer dans ses célébrations et dans les temps forts de l'année liturgique, et qui trouve sa plénitude dans le sacrement de la Réconciliation. De là découlent le sens de l'ascèse et de la discipline intérieure, l'esprit de sacrifice et de renoncement, l'acceptation de la peine et de la croix. 

Ces éléments de la vie spirituelle présentent souvent de grandes difficultés pour beaucoup de candidats au sacerdoce qui ont grandi dans des conditions relativement aisées : ils sont moins portés et moins sensibilisés à ces éléments par les exemples et les idéaux véhiculés par les moyens de communication sociale, même dans les pays où les conditions de vie sont plus précaires et où la situation des jeunes est plus austère. Pour cette raison, mais surtout pour réaliser, à l'exemple du Christ Bon Pasteur, le « don radical de soi » requis du prêtre, les Pères synodaux ont écrit : « Il est nécessaire d'inculquer le sens de la croix, qui est au cœur du mystère pascal. Grâce à cette identification au Christ crucifié, au Christ serviteur, le monde peut retrouver la valeur de l'austérité, de la douleur et même du martyre, au sein de la culture actuelle, imprégnée de sécularisme, d'avidité et d'hédonisme »(147).

La formation spirituelle apprend aussi à chercher le Christ dans les hommes. La vie spirituelle est certes vie intérieure, vie d'intimité avec Dieu, vie de prière et de contemplation. Mais justement, la rencontre avec Dieu et avec son amour de Père de tous les hommes entraîne l'exigence inévitable de la rencontre avec le prochain, du don de soi aux autres, dans le service humble et désintéressé que Jésus a proposé à tous comme programme de vie en lavant les pieds de ses Apôtres : « Je vous ai donné l'exemple, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous » (Jn 13, 15).

La formation au don généreux et gratuit de soi, favorisée par la vie communautaire normalement requise dans la préparation au sacerdoce, constitue une condition indispensable pour celui qui est appelé à se faire transparence, épiphanie du Bon Pasteur qui donne la vie (cf. Jn 10, 11. 15). Sous cet aspect, la formation spirituelle doit développer sa dimension intrinsèque, pastorale ou caritative. Une juste, forte et tendre dévotion au Cœur du Christ peut contribuer à cette formation comme l'ont souligné les Pères du Synode : « Former les futurs prêtres dans la spiritualité du Cœur du Seigneur, c'est les conduire à une vie qui corresponde à l'amour et à l'affection du Christ Prêtre et Bon Pasteur, à son amour pour le Père, dans l'Esprit Saint, à son amour pour les hommes jusqu'à donner sa vie en s'immolant »(148).

Le prêtre est donc l'homme de la charité ; il est appelé à apprendre aux autres à imiter le Christ et à vivre le commandement nouveau de l'amour fraternel (Jn 15, 12). Cela exige que lui-même se laisse continuellement éduquer par l'Esprit Saint à la charité du Christ. En ce sens, la préparation au sacerdoce implique nécessairement une solide formation à la charité, en particulier à l'amour préférentiel pour les « pauvres », dans lesquels la foi découvre la présence de Jésus (Mt 25, 40), et à l'amour miséricordieux pour les pécheurs.

C'est dans la perspective de la charité, qui consiste dans le don de soi par amour, que l'éducation à l'obéissance, au célibat et à la pauvreté trouve sa place dans la formation spirituelle du futur prêtre (149). L'invitation du Concile va aussi dans ce sens : « Les séminaristes devront comprendre clairement qu'ils ne sont pas destinés à la domination ni aux honneurs, mais qu'ils appartiennent tout entiers au service de Dieu et au ministère pastoral. On cultivera en eux avec un soin particulier l'obéissance sacerdotale, le goût d'une vie pauvre, l'esprit d'abnégation, si bien qu'ils seront habitués à renoncer rapidement même aux choses permises mais non opportunes, et à se conformer au Christ crucifié » (150).

Dans la formation spirituelle de celui qui est appelé à vivre le célibat, on doit être particulièrement attentif à préparer le futur prêtre à connaître, estimer, aimer et vivre le célibat dans sa vraie nature et dans ses vraies finalités, donc dans ses motifs évangéliques, spirituels et pastoraux. Le présupposé et le contenu de cette préparation est la vertu de chasteté, qui qualifie toutes les relations humaines et qui conduit « à expérimenter et à manifester... un amour sincère, humain, fraternel, personnel et capable de sacrifice à l'exemple du Christ envers tous et envers chacun » (151).

Le célibat des prêtres confère à la chasteté certaines caractéristiques en vertu desquelles, « renonçant à la vie conjugale pour le règne des cieux (Mt 19, 12), ils peuvent adhérer au Seigneur par un amour sans partage qui convient parfaitement à la Nouvelle Alliance ; ils donnent le témoignage de la résurrection du monde à venir (Lc 20, 36) et trouvent une aide particulièrement apte à l'exercice continuel de cette charité parfaite qui leur permet d'être tout à tous dans le ministère sacerdotal » (152). 

En ce sens, le célibat sacerdotal n'est pas à considérer comme une simple norme juridique ni comme une condition tout extérieure pour être admis à l'ordination. Au contraire, le célibat est une valeur profondément liée à l'Ordination. Il rend conforme à Jésus Christ, Bon Pasteur et Époux de l'Église. Il permet le choix d'un amour plus grand et sans partage pour le Christ et son Église, dans une disponibilité pleine et joyeuse pour le ministère pastoral. Il faut considérer le célibat comme une grâce spéciale, comme un don que tous ne peuvent comprendre, mais seulement ceux à qui c'est donné (Mt 19, 11). Cette grâce exige, avec une force singulière, la réponse consciente et libre de la part de celui qui la reçoit. Ce charisme de l'Esprit Saint confère aussi la grâce de la fidélité durant toute la vie et celle d'accomplir avec générosité et joie les obligations qui y sont attachées. Dans la formation au célibat sacerdotal, la conscience de ce « don précieux de Dieu » (153) devra être solidement établie ; et cela amènera à prier et à veiller pour que ce don soit préservé de tout ce qui peut le menacer.

Le célibat du prêtre, authentiquement vécu, favorisera l'accomplissement de son ministère auprès du peuple de Dieu. En particulier, en témoignant de la valeur évangélique de la virginité, le prêtre pourra aider les époux chrétiens à vivre en plénitude le « grand sacrement » de l'amour du Christ Époux pour son Épouse l'Église et, par sa fidélité dans le célibat, il sera une inspiration pour la fidélité des époux(154).


L'importante et délicate préparation au célibat sacerdotal, spécialement dans les situations sociales et culturelles d'aujourd'hui, a conduit les Pères synodaux à une série de requêtes, dont la valeur permanente est confirmée par la sagesse de notre mère l'Église. 

Je les propose de nouveau avec autorité, comme critères à suivre dans la formation à la chasteté dans le célibat : « Les évêques, ainsi que les recteurs et directeurs spirituels des séminaires, établiront des principes, offriront des critères et donneront des aides pour le discernement en cette matière. La sollicitude de l'évêque et la vie fraternelle entre les prêtres est de la plus haute importance pour la formation à la chasteté dans le célibat. Au séminaire, c'est-à-dire pendant la période de formation, le célibat doit être présenté avec clarté, sans aucune ambiguïté et d'une façon positive. Le séminariste doit avoir un degré suffisant de maturité psychique et sexuelle ainsi qu'une vie assidue de prière, et doit se placer sous la direction d'un père spirituel. Le directeur spirituel doit aider le séminariste à arriver à une décision mûre et libre qui soit fondée sur l'estime de l'amitié sacerdotale et de l'autodiscipline, comme aussi sur l'acceptation de la solitude et sur un état personnel physique et psychologique correct.

 À cet effet, les séminaristes connaîtront bien la doctrine du Concile Vatican II, l'encyclique Sacerdotalis cœlibatus et l'Instruction pour la formation au célibat sacerdotal publiée par la Congrégation pour l'Éducation catholique en 1974. Pour que le séminariste puisse embrasser avec une décision libre le célibat sacerdotal pour le Royaume des cieux, il est nécessaire qu'il connaisse la nature chrétienne et vraiment humaine de la sexualité dans le mariage et dans le célibat, ainsi que sa finalité. Il est également nécessaire d'instruire et d'éduquer les fidèles laïcs sur les motifs évangéliques, spirituels et pastoraux qui justifient le célibat sacerdotal, de façon qu'ils aident les prêtres de leur amitié, de leur compréhension et de leur collaboration » (155).

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