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 Sainte Isidora monastère de Tabenne/La folle qui n'était pas folle/

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doucecolombe

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MessageSujet: Re: Sainte Isidora monastère de Tabenne/La folle qui n'était pas folle/   Jeu 20 Oct - 21:53



La solitude de Tabenne, sur les bords du Nil, vit au IVème siècle l'arbre monastique fleurir d'une manière admirable sous le brûlant soleil de l'Égypte. Des milliers de chrétiens s'arrachèrent au monde pour y venir servir Dieu sous la direction de saint Pacôme et son saint disciple saint Théodore.


Les femmes ne voulurent pas rester en arrière dans ce mouvement de générosité. Docile aux conseils de saint Pacôme, sa soeur franchit le Nil, et, de l'autre côté du fleuve, fonda un monastère qui ne tarda pas à devenir trop étroit pour contenir les religieuses qui s'y pressaient, et il fallut en construire d'autres.


Dans un de ces monastères, raconte Saint Basile, vivait une Soeur employée aux travaux de la cuisine. Quand on lui adressait la parole, elle répondait d'une manière sotte et si bizarre et paraissait parfois si peu intelligente, qu'on la regardait généralement comme folle. Les soeurs se moquaient d'elle et lui parlaient avec mépris. Pourtant elle s'acquittait très bien de ses emplois à la cuisine. Aussi la laissait-on toujours dans cette charge humble et pénible. C'est précisément ce que désirait Isidora (car tel était son nom) ; ''la Sagesse de Dieu lui ayant fait connaître  les mérites qu'elle pouvait gagner dans ces obscures fonctions de dévouement et de charité'', elle feignait d'être sotte et ignorante pour n’être pas appelée à des offices plus élevés.

Quelques chiffons lui servaient de coiffure. Jamais on ne la voyait s'asseoir pour prendre son repas ; tout en lavant la vaisselle, elle mangeait quelques restes rapportés de la table des Soeurs, c'était sa manière de dîner. Maltraitée par tout le monde, elle ne laissait jamais échapper un murmure. Elle ne parlait presque pas. De longues années  passèrent ainsi.



Or, au-delà du fleuve, dans la solitude des moines, vivait un saint homme  nommé Pyotère. Longtemps il avait servi le Seigneur et peut-être  lui venait-il parfois quelques tentations de vaine gloire. Un ange lui apparut et lui dit :<< Va au monastère des religieuses. Là tu verras une soeur la tête bizarrement couronnée d'une sorte de turban ; tu apprendras qu'elle vaut mieux que toi.


Malgré les tribulations qui la visitent le jour et la nuit, jamais son coeur ne s'est détourné de Dieu. Elle lutte contre toute une multitude et n'est jamais troublée ; tandis que toi, qui vis seul, ici, dans ce coin du désert, tu promènes ta pensée à travers mille distractions.>>Le bon vieillard se mit aussitôt en chemin, et sollicita de l'Abbé général de Tabenne, la permission d'aller jusqu'au monastère des femmes que l'ange lui avait indiqué. En considération de son âge et de sa sainteté, la permission lui fut accordée. Il arriva au couvent des Soeurs et demanda à saluer toute la communauté. Quand elle fut réunie, il promena son regard sur l'assistance et dit : Mes soeurs, vous n'êtes pas toutes ici!

Une soeur dit: Mon père, répondit une Soeur, il reste une folle à la cuisine.

Pyotère répondit:Permettez que je la voie, reprit le vieillard.>>

On alla chercher la prétendue folle, mais Isidora refusait de voir l'étranger. Cependant quand on lui dit que c'était Pyotère, elle sortit au-devant de lui avec respect. À peine Pyotère l'eût-il reconnu à sa coiffure ridicule, qu'il se mit à genoux, et dit à haute voix :

<< Bénissez-moi.>>
Mais déjà l'humble religieuse s'était mise à genoux, de son côté, et disait : Étendez votre main sur moi pour me bénir.>>

Les soeurs n'en pouvaient croire leurs yeux et toutes ensemble répétaient au saint ermite :( Vous avez affaire à une folle.)<< Mais le Père reprit d'une voix assurée :<< (C'est vous qui êtes folles).

Celle-ci est votre (Amma)<>(mère) et la mienne. Je prie Dieu d'être trouvé aussi méritant qu'elle au jour du jugement.>>

A ces mots, toutes les Soeurs tombèrent aux pieds de l'humble laveuse de vaisselle, et chacune lui demandait pardon des torts dont elle s'était rendue coupable envers elle. Dès ce moment, la pauvre aide-cuisinière se vit entourée de la vénération de toutes les Soeurs.

Saint Pyotère les réconcilia avec Dieu et leur soeur, puis se retira.

Quelques jours après, l'humble aide-cuisinière ne pouvant supporter d'avoir été ainsi glorifiée, rougissant d'ailleurs des excuses que lui avaient faites les Moniales, quitta secrètement le couvent et alla terminer sa vie dans la plus complète obscurité. 


La Parole de Dieu dit:"Si quelqu'un d'entre vous se croit sage en ce monde, qu'il devienne fou, pour être véritablement sage". (1 Co 3)




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