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 7/Signification du célibat

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coeurtendre
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coeurtendre

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MessageSujet: 7/Signification du célibat   7/Signification du célibat Icon_minitimeMar 18 Juin - 20:05

Exclamation  Signification du célibat  Exclamation 

Permettez-moi d’aborder ici le problème du célibat sacerdotal. Je le traiterai d’une manière synthétique parce qu’il a déjà été envisagé d’une manière approfondie et complète durant le Concile et, par la suite, dans l’encyclique Sacerdotalis caelibatus, et encore pendant la session ordinaire du Synode des Évêques de 1971. Cette réflexion s’est avérée nécessaire pour présenter le problème d’une façon encore plus réfléchie, et aussi pour motiver plus profondément encore le sens de la décision que l’Église latine a prise il y a tant de siècles et à laquelle elle s’est efforcée de rester fidèle, fidélité qu’elle désire conserver également à l’avenir. L’importance de ce problème est si grave, son lien avec le langage de l’Évangile lui-même est si étroit, que nous ne pouvons pas, dans le cas précis, penser avec des catégories différentes de celles dont se sont servis le Concile, le Synode des Évêques et le grand Pape Paul VI. Nous pouvons seulement chercher à comprendre plus profondément ce problème et à y répondre d’une façon plus réfléchie, nous libérant des diverses objections qui ont toujours - comme encore maintenant - été soulevées contre le célibat sacerdotal, et des diverses interprétations qui s’appuient sur des critères étrangers à l’Évangile, à la Tradition et au Magistère de l’Église, critères, ajouterons-nous, dont l’exactitude et le fondement " anthropologique " se révèlent fort douteux et de valeur toute relative.

Nous ne devons pas trop nous étonner, du reste, de toutes ces objections et critiques, qui se sont intensifiées dans la période postconciliaire mais semblent aller en s’atténuant ici et là aujourd’hui. Jésus-Christ, après avoir présenté aux disciples la question du renoncement au mariage " en vue du Royaume des cieux ", n’a-t-il pas ajouté ces paroles significatives : " Comprenne qui pourra ! " L’Église latine, en se rapportant à l’exemple du Christ Seigneur lui-même, à l’enseignement des Apôtres et à toute la tradition qui lui est propre, a voulu et continue à vouloir que tous ceux qui reçoivent le sacrement de l’Ordre assument ce renoncement " en vue du Royaume des cieux ". Cette tradition, toutefois, va de pair avec le respect des traditions différentes d’autres Églises. Elle constitue en effet une caractéristique, une particularité et un héritage de l’Église catholique latine : celle-ci lui doit beaucoup et est décidée à persévérer dans cette voie malgré toutes les difficultés auxquelles une telle fidélité pourrait l’exposer, malgré aussi les divers symptômes de faiblesse et de crise de certains prêtres. Nous avons tous conscience de porter ce trésor dans des vases d’argile ; mais nous savons bien que c’est un trésor.

Pourquoi un trésor ? Est-ce que nous voulons par là diminuer la valeur du mariage et la vocation à la vie familiale ? Ou est-ce que nous nous laissons aller au mépris manichéen pour le corps et pour ses fonctions ? Est-ce que nous voulons en quelque sorte déprécier l’amour qui conduit l’homme et la femme au mariage et à l’union conjugale des corps pour former ainsi " une seule chair " . Comment pourrions-nous penser et raisonner ainsi si nous savons, si nous croyons et proclamons, avec saint Paul, que le mariage est un " grand mystère " en référence au Christ et à l’Église  ? Par ailleurs, aucun des motifs allégués parfois pour essayer de nous " convaincre " de l’inopportunité du célibat ne correspond à la vérité que l’Église proclame et qu’elle cherche à réaliser dans la vie par l’engagement que prennent les prêtres avant leur ordination. Le célibat est justement un " don de l’Esprit ". Un don semblable, bien que différent, est contenu dans la vocation à l’amour conjugal véritable et fidèle, orienté vers la procréation selon la chair, dans le contexte si élevé du sacrement de mariage. On sait combien ce don est fondamental pour construire la grande communauté de l’Église, peuple de Dieu. Mais si cette communauté veut répondre pleinement à sa vocation en Jésus-Christ, il faut que se trouve en elle, selon la proportion voulue, cet autre " don ", le don du célibat, " en vue du Royaume des cieux " .

Pour quelle raison l’Église catholique latine lie-t-elle ce don non seulement à la vie des personnes qui acceptent le programme austère des conseils évangéliques dans les Instituts religieux mais aussi à la vocation au sacerdoce à la fois hiérarchique et ministériel ? Elle le fait parce que le célibat " en vue du Royaume " n’est pas seulement un signe eschatologique : il a également une grande signification sociale, dans la vie présente, pour le service du peuple de Dieu. Par son célibat, le prêtre devient " l’homme pour les autres ", d’une manière différente de celui qui, en se liant à la femme dans l’union conjugale, devient lui aussi, comme époux et père, " homme pour les autres " surtout dans le cercle de sa propre famille, c’est-à-dire pour son épouse, et avec elle pour ses enfants auxquels il a donné la vie. Le prêtre, en renonçant à cette paternité propre aux époux cherche une autre paternité, et même presque une autre maternité quand on pense aux paroles de l’Apôtre au sujet des enfants qu’il engendre dans la douleur . Ce sont là des enfants de son esprit, des hommes confiés par le Bon Pasteur à sa sollicitude. Ces hommes sont nombreux, plus nombreux que ceux que peut embrasser une simple famille humaine. La vocation des prêtres est grande et le Concile enseigne qu’elle est universelle : elle est au service de toute l’Église ; elle est donc aussi missionnaire. Normalement, elle est liée au service d’une communauté déterminée du peuple de Dieu dans laquelle chacun s’attend à recevoir attention, sollicitude, amour. Pour être disponible à un tel service, à une telle sollicitude, à un tel amour, le coeur du prêtre doit être libre. Le célibat est le signe d’une liberté en vue du service. Par ce signe, le sacerdoce hiérarchique, ou " ministériel ", est, selon la tradition de notre Eglise, plus étroitement ordonné au sacerdoce commun des fidèles.

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